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Publié par www.matthieulamarque.fr

Rencontre avec L'actrice Laure Calamy (Nos Batailles, Dix pour Cent)

Laure Calamy est une actrice française. Elle s'essaie au théâtre durant l'enfance. Après le baccalauréat, elle s'installe à Paris et intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dont elle sort en 2001. Souvent distribuée au cinéma dans des seconds rôles, son emploi dans la série télévisée Dix pour cent la fait ensuite connaître du grand public. Son interprétation dans le court-métrage La Contre-allée de Cécile Ducrocq lui vaut un prix spécial au festival de Sundance. Elle est nommée en 2018 au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son rôle dans Ava. Elle reçoit en 2018 le Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé pour sa prestation dans Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, mis en scène Catherine Hiegel au théâtre de la Porte Saint-Martin. Le dimanche 23 septembre, Laure Calamy était de passage au Cinéma Le Méliès à Pau pour présenter le film « Nos Batailles » de Guillaume Senez en avant première. Elle y interprète Claire au côté de Romais Duris. Aussi, elle est actuellement à l'affiche de Mademoiselle de Joncquières, film d'époque où elle donne la réplique à Edouard Baer et Cécile de France.

Rencontre avec L'actrice Laure Calamy (Nos Batailles, Dix pour Cent)

Laure Calamy, parlez-nous du rôle de Claire.

Claire est sa collègue de travail dans une usine. Elle est syndicaliste. Avec Olivier ( Romain Duris), ils ont une complicité assez grande. Claire essaie de le soutenir dans ce moment terrible car c’est l’incompréhension totale de cette disparition. La particularité du film c’est que l’on ne me voit pas en situation de syndicaliste mais on sent cette violence dans ce milieu professionnelle et les répercutions qui peut y avoir sur ces gens, dans leur intimité, comment ils font face à ça. Dans un documentaire que j’avais vu, un syndicaliste disait « Précaire c’est un mot mais quand on est précaire on l’est dans sa vie professionnelle, dans a vie familiale, dans sa santé etc… Ici, le réalisateur réussit à montrer l’épaisseur des rapports humains avec la manière dont Olivier reçoit les choses, comment il va les encaisser et voir l’évolution de sa pensée vers un chemin plutôt beau finalement. Aucun misérabilisme, c’est quelque chose de lumineux avec beaucoup de dignité.

 

Quelle est la méthode de travail du réalisateur, Guillaume Sennez ?

On parle d’improvisation mais cela prend un sens particulier selon les personnes. Avec Guillaume, on respectait la durée des séquences. Cette façon de faire était nouvelle pour moi. Cela donne une essence forte aux scènes. Cela donne une intensité aux séquences.

 

Le rendu des émotions est-il plus fort ?

Il y a forcément une vie qui est là puisque les acteurs peuvent employer leurs mots tout simplement. Au lieu de recevoir un scénario avec des dialogues, nous avions un séquencé. Avec juste des descriptions de ce qu’il se passe. C’est très satisfaisant pour l’acteur car il peut amener sa part à lui de création. L’improvisation n’est pas quelque chose d’évident, il peut y avoir des choses médiocres car elles ne font pas écho chez le réalisateur, il n’entend pas ce qu’il se passe. Chez Guillaume, c’est porteur d’une direction commune.

 

Ce jeu d’improvisation dépend-il de son partenaire, comment cela s’est il passé avec Romain Duris ?

Avec Romain, tout s’est très bien passé. Dans les scènes en tête à tête, on réussissait à se surprendre l’un et l’autre. C’était ludique. Les prises étaient faciles. C’est un très bon partenaire. L’équipe technique était contente car le tournage était limpide.

Aussi, cette année, vous avez reçu le Molière de la Comédienne dans un spectacle de théâtre privé…

Ouiiiii !!! Après beaucoup de théâtre contemporain je suis revenu au théâtre classique pour jouer « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux. J’avais fait peu de classique auparavant…

Après le théâtre, le cinéma, il y a votre entrée dans le monde des séries. Pas n’importe quelle série, Dix Pour Cent, une série sur le monde du cinéma réalisée par des gens du cinéma. Comment avez-vous vécu cette expérience et le succès qui en découle ?

Je ne m’attendais pas particulièrement à ce phénomène puisque je me souviens que des gens disaient « Est-ce que cela va intéresser le public ces histoires d’agents de stars ? » et en même temps je me disais juste que ça parlait du monde du travail. La relation avec ses collègues et sa hiérarchie, la gestion des dossiers, les histoires autour de la machine à café, les conflits, le pouvoir, les amours… Le public s’est identifié à ça et c’est ça qui le touche. Les conditions de tournage étaient identiques à celle d’un film c’est-à-dire que l’on prenait le temps. On allait bien moins vite qu’un tournage purement télé .

Vous jouez le personnage de Noémie l'assistante. A la fin de la saison 2 on vous a laissé dévasté par votre chagrin d'amour. C'est un sacré rôle de femme.

Oui complètement. Ce qui est beau c'est que c'est un rôle assez classique on va dire : l'assistante amoureuse de son patron etc... Au départ elle est un peu... tarte par certains côtés mais en même temps il y a la place pour que cela soit truculent. Moi j'adore jouer Noémie. Ce personnage est moins original par exemple que celui de Andréa Martel joué par Camille Cottin. C'est une figure de personnage que l'on ne voyait pas avant. Les auteurs et autrices s'inspirent de nous pour écrire les personnages donc il y a une familiarité que l'ont ressent.

Puis j'imagine que l'on a envie de composer avec votre énergie. Quelle image de la femme dans les séries aviez-vous avant de rentrer dans cette série ? Quels personnages avez vous aimé ?

Le problème c'est que je ne suis pas une grande consommatrice de séries tv. Mais la série GIRLS j'ai adoré. Il y a des personnages auxquels on peut s'identifier avec toute leur âpreté, leur anticonformisme, leur complexité et pas forcément dans les canons de beauté comme Lena Dunham qui joue Annah. Aussi dans les garçons qu'elle choisit. Je trouve ça très intelligent et brillant.

 

Rencontre avec L'actrice Laure Calamy (Nos Batailles, Dix pour Cent)

En échangeant avant cet interview, vous m'avez dit que vous avez des attaches particulières avec la région.

Ma mère est née à Laroin, à côté de Pau. Donc je salue les habitants de Laroin. Moi je venais passer une partie des vacances chez mes grands parents qui étaient des agriculteurs avec quelques vaches qu'ils vendaient aux Halles. J'aimais beaucoup aller chez eux. Pour moi c'était l'aventure. Mon grand père me construisait des arcs en osiers. Puis cette nature, les coteaux avec cette lumière si particulière que j'ai retrouvé avec beaucoup d'émotions dans le film de André Téchiné, « Les Roseaux Sauvages ». Magnifique ! A l'époque je m'étais identifié au personnage joué par Elodie Bouchez. Je l'avais vu avec ma mère qui est une femme qui ne pleure pas facilement, là elle avait été prise d'émotions parce qu'au début du film c'est la Guerre d'Algérie et un jeune homme revient au village décédé. Elle avait été prise d'émotions car elle avait vécu exactement la même chose avec le traumatisme que cela avait été. Donc j'adore cette région et du coup j'en ai profité pour voir mon oncle, mes cousins et il y en a aussi à Bosdaros. Ils ont encore leur ferme, j'aime retrouver tout ça.

Que ressent-on lorsque l'on vient présenter un film où l'on joue dans un coin où on a tant de souvenirs ?

C'est émouvant. Ça me touche et surtout ce cinéma en particulier. Le cinéma indépendant Le Méliès que je soutiens à fond.

Que puis-je vous souhaiter pour l'avenir car cette année est une très belle année pour vous : le cinéma, le théâtre avec un prix, le retour de Dix pour Cent qui a été primé récemment ?

Oui c'est une année extraordinaire, que ça dure...Ce qui me plait c'est le désir des gens, de travailler avec telle ou telle personne. Dans l'absolu j'adorerai tourner dans un western...

Pour jouer Calamity Jane par exemple ?

Ouiii !! J'adore les lettres de Calamity Jane, elles sont magnifique.

Merci beaucoup Laure Calamy

Merci à toi Mateo !

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