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Publié par www.matthieulamarque.fr

Tout savoir sur A VOIX HAUTE - LA FORCE DE LA PAROLE :  (malheureusement pas) sur tous les écrans le 12 avril

A VOIX HAUTE

La Force de la Parole

Ecrit et Réalisé par STEPHANE DE LA FREITAS Co-Réalisé avec Ladj Ly

SORTIE LE 12 AVRIL AU CINEMA

 

Emission Spéciale Mateo & Co pour la sortie du documentaire Lundi 10 avril à 19h sur RPO 97fm plus d’infos sur www.mateoandco.net

 

LE PROGRAMME EDUCATIF : Dans une société où le dialogue social et la liberté d’expression sont en pleine crise, la prise de parole en public et la culture du débat citoyen au sens propre, sont des activités pourtant peu présentes dans la tradition scolaire française. Ainsi, c’est en Seine-Saint-Denis, un des départements les plus stigmatisés et dont la jeunesse en subit les préjugés, que La Coopérative Indigo débuta son action en 2012 en créant le premier concours de prise de parole libre, ouvert à tous les jeunes du 93 : Eloquentia. Programme éducatif de prise de parole, il s’adresse à la jeunesse pour l’inviter à exprimer ses idées, affirmer ses valeurs et développer la confiance en soi, quel que soit le milieu socioprofessionnel de provenance.

LE DOCUMENTAIRE : Chaque année à l’Université de Saint-Denis se déroule le concours Eloquentia, qui vise à élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université issus de tout cursus, décident d’y participer et s’y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène…) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique, et vont s’affirmer, se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes. Munis de ces armes, Leïla, Elhadj, Eddy et les autres, s’affrontent et tentent de remporter ce concours pour devenir « le meilleur orateur du 93 »

 

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LE REALISTEUR : Stéphane de Freitas est artiste et réalisateur. Sa réflexion porte notamment sur « le rapprochement des opposés » puisqu’il fut lui-même élevé au sein d’une famille d’origine portugaise en Seine-Saint-Denis et qu’il changea brutalement d’univers à l’adolescence, se retrouvant plongé dans les « beaux quartiers » de l’ouest parisien. Loin des codes sociaux de son nouvel environnement, sa manière « banlieusarde » de s’exprimer fut un handicap à surmonter pour se faire accepter. Stéphane de Freitas est le fondateur de « La Coopérative Indigo », une association qui a pour vocation de recréer du lien social et mélanger les milieux sociaux différents, dans lesquels Stéphane a baigné. C’est l’association qui a initié les programmes Eloquentia en 2012 en Seine-Saint-Denis, programmes désormais présents dans plusieurs Universités sur tout le territoire français : Grenoble, Limoges, Nanterre… Stéphane a souhaité écrire et réaliser ce film afin de mettre la lumière sur la jeunesse des banlieues, humaine, intelligente et aux trajectoires multiples, dont on peine trop souvent à entendre la voix dans les médias traditionnels aux heures de grande écoute.

D’où est née l’envie de réaliser ce documentaire ?

Stephane de freitas : D’une double démarche militante et artistique. Je suis à l’origine du concours Eloquentia que j’ai créé il y a cinq ans dans le but d’aider des jeunes de banlieues à maîtriser l’art de la joute oratoire, et de leur faire gagner confiance en eux pour qu’ils réalisent ensuite leurs rêves. Dès la création du concours, j’avais en tête de consacrer un film à cette expérience. Il était important d’en garder une trace. Ces jeunes, qu’on stigmatise trop souvent, ont des ressources insoupçonnées. Tous ont des choses passionnantes à dire et à faire. Il était important de garder une trace de leur travail et j’y voyais aussi l’occasion de faire mes débuts à la réalisation d’un long métrage.

Vous-même êtes originaire du 93.

Et c’est cette expérience qui m’a conduit à cette démarche. J’ai grandi dans une ville difficile de Seine Saint-Denis et ai brutalement changé d’univers en devenant basketteur professionnel. Je me suis retrouvé de l’autre côté du périphérique, dans un environnement social radicalement étranger au mien : les gens s’exprimaient différemment, je me suis senti marginalisé, isolé. J’ai commencé à réfléchir, une réflexion de longue haleine…

Racontez…

D’un côté, j’étais frappé par l’érosion du lien social, de l’autre par l’explosion d’internet. Chacun y déversait ses opinions et ses colères ; tout le monde semblait se parler mais en réalité personne n’écoutait personne. Moi, j’avais envie de dialogue, je voulais recréer du lien. J’ai plaqué le basket pour des études de droit, ai renoué avec le système scolaire classique et rattrapé mon retard Plus tard, notamment grâce à Bertrand Périer, l’un des intervenants qui prépare les élèves au concours Eloquentia et qui m’a coaché à la prise de parole lorsque j’étais en fac de droit, j’ai participé à des concours d’éloquence. Il est devenu de plus en plus clair pour moi que ce genre d’exercice pouvait aider des gosses à prendre de l’assurance. C’est en maîtrisant les mots et les nuances d’une langue qu’on peut toucher les autres et réussir à communiquer avec eux. Le projet du concours, qui s’inscrit dans un triptyque d’activités plus large réuni sous le label de La Coopérative Indigo était né.

Bien qu’il s’adresse à tous les jeunes du 93 entre 18 et 30 ans, le concours s’adosse à une formation bien particulière.

Il n’est effectivement pas nécessaire d’être étudiant pour y participer et, chaque année, plus d’une centaine de candidats s’y présentent avec de réelles chances de se qualifier en finale. Mais seuls les étudiants peuvent bénéficier de la formation. Sur cent qui postulent, nous en sélectionnons trente. Ceux-là partent quand même avec un avantage.

Quels sont les critères de sélection ?

Nous ne retenons pas forcément les gens les plus à l’aise à l’oral. Leur potentiel et leurs motivations priment. Un garçon comme Eddy, qui est devenu le personnage principal du film, prêt à parcourir vingt kilomètres chaque jour pour se rendre à la faculté et dont on sent immédiatement le talent, nous intéresse forcément. Mais d’autres étudiants dans des filières moins artistiques retiennent également notre attention : ils viennent pour combattre le timidité et leur peur d’affronter les autres et nous souhaitons les aider. Le film ne le montre pas mais Eloquentia a également pour vocation d’accompagner ces jeunes dans leur insertion professionnelle. À partir du moment où ils sont sélectionnés pour la formation, nous nous engageons à leur fournir un stage correspondant au métier qu’ils souhaitent exercer plus tard.

Cette formation s’appuie sur une pédagogie originale qui mélange l’art de la rhétorique, le slam et l’expression corporelle.

Cette pédagogie a pour vocation de travailler sur l’épanouissement individuel, et s’articule autour de quatre axes : l’introspection, pour comprendre l’opinion que l’on souhaite assumer face aux autres ; apprendre à structurer sa pensée et dérouler un raisonnement logique ; développer son rapport cognitif aux autres (gestuelle, expression orale, gestion du stress par la respiration…) et instaurer l’écoute « active » entre les participants ; développer la créativité par l’écriture et l’expression scénique.

Eloquentia s’éloigne considérablement des concours d’éloquence traditionnels : chacun peut s’y exprimer en recourant au mode d’expression qu’il souhaite – discours classique, théâtre, slam…

Et cela participe à nouveau à une volonté d’épanouissement personnel. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer. Privilégier une forme plutôt qu’une autre aurait conduit à se couper d’un certain nombre de candidats, discriminer à nouveau.

Revenons au film. Pourquoi avoir attendu la troisième édition pour le tourner ?

Au fil des années, j’ai pu observer à la fois l’impact de la formation sur les jeunes, et les liens fraternels qui se créaient entre eux, ils s’apparentaient à ceux d’une vraie famille. Fin 2013, j’ai rencontré Harry et Anna Tordjman. Ils sortaient du succès de « bref. » sur Canal Plus et se sont enthousiasmés pour le projet. Pour autant, hormis mon travail d’artiste plasticien et un clip réalisé en studio pour La Coopérative Indigo, je n’avais aucune expérience de la réalisation. Un an avant le tournage, j’ai fait mes gammes et filmé à l’arrache la session qui se déroulait avec l’aide des gens de mon association. Il s’agissait de suivre les étudiants en repérant les moments forts de leur cursus, de trouver l’énergie du documentaire que j’allais faire. Avant d’entamer le vrai tournage d’À VOIX HAUTE, le film était déjà écrit, séquencé, anticipé. J’en avais déjà une vision forte, il était en moi.

Les confidences que ces jeunes font sur eux-mêmes et sur la société au fur et à mesure de leur formation témoignent d’un engagement très positif. À aucun moment, on ne décèle chez eux un quelconque abattement.

En me lançant dans ce film, je savais que j’allais les interroger sur quatre points précis : leur histoire et leurs ambitions ; le regard qu’ils portaient sur l’actualité et sur les enjeux du vivre ensemble ; les messages qu’ils tenaient à délivrer ; et enfin, l’attente qu’ils avaient vis-à-vis du concours. Il me semblait que cette approche permettrait d’offrir un regard pertinent et nouveau sur la banlieue. En ce sens, j’ai le sentiment d’avoir fait une œuvre réaliste et actuelle.

Après le succès rencontré malgré une diffusion en seconde partie de soirée dans l’émission INFRAROUGE de France2 fin 2016, qu’attendez-vous de la sortie en salles de A VOIX HAUTE ? ?

À VOIX HAUTE sort en pleine période d’élections présidentielles, un moment de débat particulier. J’espère que le fait de voir le film en salles donnera envie aux gens de réfléchir ensemble et d’ouvrir le dialogue ; de se mobiliser autour du vivre ensemble et de cette idée qui n’est pas une utopie pour moi : « Oui, on peut avoir des regards différents sur la vie et réussir à se comprendre mutuellement ; on peut se parler. » Au-delà de cet espoir, j’aimerais prouver qu’il existe en banlieue une jeunesse prête à se battre pour se diplômer, vivre ses rêves et avoir une voix qui compte dans la société.

Eloquentia a désormais une vie propre puisque vous vous êtes retiré de l’organisation en confiant le relais à des jeunes. Le concours s’est étendu à plusieurs autres villes – dont Nanterre, Limoges et Grenoble. Quels sont vos projets ?

Je continue de développer les autres champs d’activités de La Coopérative Indigo, l’association que j’ai créée en 2012, avec notamment une plateforme d’entraide Indigo qui va permettre aux plus démunis de bénéficier d’un système économique fondé sur l’échange. Cette plateforme est actuellement testée dans des centres de réfugiés en France et à l’étranger. Toujours dans le souci de conserver une trace, je vais produire un documentaire sur cette initiative. Je travaille également à élargir l’expérience d’Eloquentia aux lycées, aux collèges, à l’enseignement primaire et aux maternelles. Mais je vais garder ma double casquette de militant et de réalisateur puisque j’ai un nouveau projet de film ; un sujet de société que je traiterai sous l’angle de la fiction.

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