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Publié par www.matthieulamarque.fr

De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.
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De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.

Depuis quelques années, le cinéma français aborde le sujet des placements judiciaires et de la vie des jeunes mineures dans les foyers de façon très pertinente. Ces réalisations poignantes, au-delà du pur divertissement qu’est le cinéma, nous offrent la possibilité de découvrir ce milieu très fermé et avoir une réflexion sur la rupture de liberté à l’âge des possibles. Après LA TETE HAUTE de Emmanuelle Bercot et MA VIE DE COURGETTE de Claude Barras, voici DE TOUTES MAIS FORCES de Chad Chenouga.

Ce film est l’histoire de Nassim. Jeune dandy en première dans un grand lycée parisien, il semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer. Malgré la bienveillance de la directrice, il refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre. Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer...

Chad Chenouga connu une trajectoire comparable à celle du héros, Nassim. Pour ceux qui connaissent son travail, il racontait déjà son placement en foyer dans La Niaque, une pièce de théâtre qu’il avait écrite et jouée. Ce film, c’est une fiction co-écrite avec Christine Paillard, (également collaboratrice artistique sur le film), qui s’est nourrie des ateliers d’improvisation qu’il a fait avec des jeunes vivant en foyer, puis avec les acteurs pressentis pour le film. Vouloir être juste et proche de la réalité ne fait pas de cette réalisation un documentaire mais un film très documenté sur ce milieu fermé. Les personnages sont bouleversants d’authenticité et rendent ce drame lumineux. Tout y est traité avec justesse : la violence entre les jeunes placés, la sexualité, la collectivité imposée, l’absence des gens que l’on aime et de sa liberté, les fêtes de fin d’année au foyer…

Un film sur la dualité : le dedans/le dehors, la liberté/l’enfermement, le savoir/la méconnaissance, la bourgeoisie/le milieu populaire, l’individu/le collectif etc…

Pour réussir cette immersion réaliste du jeune héros dans ce milieu, il lui fallait en face un représentant du cadre institutionnel imposant. Yolande Moreau interprète une directrice d’établissement à la fois stricte, sensible et d’une crédibilité incroyable. L’actrice navigue entre la colère, la tendresse, l’autorité et l’empathie avec une grande fluidité face au quotidien de ce foyer. Et Madame Cousin en impose face à Nassim, à la fois avec son physique et son autorité.

Puis dans le film, Nassim est confronté à Zawady, une jeune fille dure qui fait des études de médecine, avec laquelle il va se mettre à bosser son bac de français. Son personnage, qui s’inspire d’une jeune fille que le réalisateur a rencontrée lors de ses ateliers en foyer, est très important. Zawady n’aspire qu’à une chose : s’extirper du destin médiocre qui l’attend en réalisant son rêve de devenir médecin. C’est elle qui parle de niaque à Nassim. Elle lui dit que s’il veut ressembler à ses camarades de classe de son lycée à Paris, il doit s’en donner les moyens. Zawady c’est l’espoir par le savoir dans les foyers. On ne parle jamais de ses jeunes ou pas assez. Ce n’est pas un message optimiste du réalisateur car c’est une réalité. Zawady c’est tous ces jeunes qui révisent leurs examens au milieu des bagarres, de la violence et du chahut ambient des foyers et qui veulent s’en sortir. Mais pour des raisons budgétaires son rêve sera brisé net, elle ne pourra jamais l’accomplir car le réalisateur traite des limites actuelles de la prise en charge des adolescents de l’Aide Sociale à l’Enfance. Un sujet méconnu, presque tabou dans le secteur social.

Aussi, Chad Chenouga aborde le sujet du « Dossier », élément très important du film, cet objet primordial dans le secteur social. Il le montre comme un Graal inaccessible. En effet, Nassim découvre que ses moindres faits et gestes sont retranscrits dans son dossier et sa grande préoccupation et de savoir comment les adultes le perçoivent et si c’est identique à sa propre représentation de lui-même. Aussi, savoir ce qui est écrit dans ce dossier, c’est pouvoir lire des mots qui analysent sa situation, de comprendre pourquoi il est là.

Chad Chenouga propose avec son film un hommage vibrant à ces jeunes placés en foyer entre rires et larmes. Dans leur parcours, ils rencontrent parfois des jeunes ou des adultes qui feront changer leur vision du monde. Ce film beau et optimiste, c’est le parcours initiatique d’un adolescent dans un foyer. Bouleversant d’authenticité avec un casting incroyable !

 

Film tourné en partie à Pau avec le soutien d'Ecla Aquitaine.

Avant-première à Pau, au cinéma le Méliès, en présence du réalisateur, le mardi 11 avril 2017 à 20h30.

En salle le 3 mai 2017

De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.

THYLACINE, COMPOSITEUR DE LA MUSIQUE DU FILM

THYLACINE est le nom savant du loup de Tasmanie, une espèce éteinte depuis 70 ans. Un mot précieux et délaissé que William Rezé a choisi d’apprivoiser pour donner corps à son electronica progressive et vaporeuse. La soif de liberté est inscrite dans ses gènes et l’a toujours poussé à explorer de nouveaux horizons musicaux.

Chaque morceau est imprégné d’une saveur singulière et dévoile le jeu de ses influences croisées : des pionniers de la musique répétitive – Steve Reich ou Philip Glass – en passant par les expérimentations jazz de John Zorn et le trip-hop de Massive Attack.

La musique de THYLACINE conjugue la mélancolie techno et rythmée d’un Paul Kalkbrenner avec les mélodies aériennes de Moderat ou de Four Tet.

Mais son projet le plus audacieux repousse d’autres frontières. Il embarque ainsi à bord du mythique train russe, le Transsiberien pour composer son premier album. 9000kms d’inspiration de Moscou à Vladivostock et autant de paysages sonores que l’on retrouve sur Transsiberian, sorti fin 2015. Cet album s’accompagne d’une série documentaire diffusée par France Télévisions, retraçant ce contexte hors du commun et les rencontres humaines et musicales qui l’ont forgées.

La scène est un autre espace que THYLACINE aime explorer. En live, il veut se sentir aussi libre qu’en studio. Ne craignant pas le danger, il joue le plus possible, improvise, n’hésite pas à sortir son sax alto et fait corps avec sa musique pour ne pas être l’esclave des machines. Les projections graphiques et la scénographie immersive qui l’accompagnent brouillent encore plus la frontière entre le dancefloor et l’imaginaire. Il fait de nous les compagnons de route d’un voyage intime et sauvage au but mystérieux.

THYLACINE est loin d’être un animal domestique et sédentaire. Il est en train de poser sa griffe élégante sur la scène électro française : après une Cigale puis un Trianon complets en 2016, c’est à l’Olympia qu’il se produira le 29 avril 2017.

De toutes Mes Forces, un hommage aux gamins placés en foyers tourné à Pau.

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